Histoires
Leave a comment

Nice To Hear You 06 / Les sentiments avec Camille Fosse, créatrice « Shandor »

Les mailles des sentiments

Cet épisode vous invite à tremper votre écoute dans un torrent d’ondes positives et de sentiments. Entre le rire chaleureux de mon invitée, Camille Fosse, son imagination débordante et la douceur de ses produits, j’aime à croire que vous vous apprêter à installez votre attention dans un cocon délicat. Mais avant toute chose, j’aimerais vous présenter Camille. Je découvrais son travail il y a quelques mois dans une édition PULPE, et puis le destin a voulu que Lucile (ndrl. créatrice de la marque « Bijoux de Lu ») et Camille nouent une amitié, puis mêlent leurs soifs de création dans 5 pièces carrément folles. Il ne m’en fallait pas plus pour inviter cette mordue d’art au micro de Nice To Hear You. Le jour de l’enregistrement de cette émission, c’était la première fois que Camille et moi nous rencontrions. C’est con, mais j’avais l’impression qu’on était de veilles amies, qu’elle avait toujours été là et que nos folies étaient jumelles. C’est précieux les âmes comme celles ci. Et je suis très heureuse de vous présenter notre entretien aujourd’hui. Je n’en dis pas plus et… bon voyage !

 

 

Une planète à soi

Camille Fosse : Je pense que je suis un peu idéaliste. Je suis une grande optimiste. L’optimiste et l’idéalisme sont mes deux moteurs. Ceux qui définissent le mieux qui je suis sont peut-être les enseignants que j’ai pu avoir quand j’étais petite. Souvent sur mes bulletins c’était marqué « elle n’est pas très concentrée, mais elle a un imaginaire intéressant ».

 

 

Le dessin comme oxygène

Camille Fosse : Enfant je n’étais pas du tout dans la raison, j’étais poussée uniquement par la passion, je crois. Je pouvais passer des heures et des heures à dessiner quand j’étais petite, à créer des mondes imaginaires. Je créais des personnages qui avaient une vie sur une année complète, avec des épisodes. Ils avaient une garde-robe complète, des frères et des sœurs, la famille qui grandissait. J’étais dans la passion de la création.

Un objet puissant

Camille Fosse : Un foulard ça enveloppe le corps, ça réchauffe, ça réconforte. La manière dont je suis arrivée à créer cet accessoire là en particulier c’est aussi par mon histoire familiale et sentimentale puisque ça concernait ma maman. Je me suis dis qu’il y avait quelque chose à faire dans la création de cet accessoire en la regardant. Elle a été touchée par le cancer du sein en 2013. La première chimio a fait ses effets, elle a perdu ses cheveux assez rapidement. Je prenais beaucoup de plaisir à lui trouver de beaux foulards, pour qu’elle les accorde à ses tenues. Elle avait beaucoup de compliments à ce moment là. C’est un accessoire qui lui a permis de continuer à vivre malgré la maladie.

 

 

Des foulards dans l’air du temps

Camille Fosse : Je me suis vite rendue compte que ce n’était pas un accessoire qui était revisité. C’était un accessoire qu’on avait laissé un peu vieillir. Il y a évidemment la grande marque que tout le monde connaît, Hermès, mais qui m’évoque une époque un peu passée. Ce n’est pas moi, pas ma génération et ça ne ressemble pas à toutes les femmes non plus.

« Le carré de soi c’est pour moi, qui viens du milieu des arts plastiques, un support excellent. Comme une toile. »

 

Trouver sa place

Camille Fosse : Malgré le fait que je vienne d’études artistiques, j’étais un peu perdue parce que le monde de la mode c’est autre chose que le monde de l’art. J’ai commencé par contacter quelqu’un qui était dans ce milieu là pour m’accompagner et m’intégrer, comprendre le circuit.

 

 

Donner la vie deux fois

Camille Fosse : J’ai lancé ma marque et je suis tombée enceinte tout de suite. J’ai eu une double grossesse. C’était particulier (rires) ! J’ai accouché au mois de mai et j’ai lancé la marque deux mois avant. Émotionnellement, c’était très fort et en même temps ça m’apaisait énormément. Des émotions très fortes forcément liées à un changement très fort chez moi avec le fait de devenir maman et de prendre en main ma vie de femme.

« L’entreprenariat c’est des montages russes en permanence. C’est des phases de grand découragement et puis de grands espoirs et de grandes victoires. »

 

Objets sentimentaux et plus encore

Camille Fosse : J’avais présenté à la fin du Master une étude sur la façon dont mes grands-parents investissaient leur salle de bain, qui étaient un lieu pour moi qui n’existe plus. C’est quand même très particulier. Ils avaient un rituel de la toilette qui aujourd’hui à disparu complètement. Il y avait le blaireau de mon grand-père, la serviette qui avait tel usage, les bijoux bien rangés… J’avais fait une enquête pendant un mois, ils ne comprenaient rien les pauvres (rires), je venais photographier la salle de bain. Ma grand-mère avait commencé à changer des objets, à mettre en scène un peu sa salle de bain aussi pour que je puisse photographier.

 

 

Une collection hommage et héritage

Au départ c’est vraiment l’inspiration de ces femmes et de ce qu’elles ont pu faire sans avoir la conscience que c’est parce qu’elles étaient des femmes. C’est une esthétique d’abord, et puis dans un second temps j’ai fait des recherches sur ce mouvement. Avec Lucile Moreau, créatrice de la marque « Bijoux de lu », on a choisi de parler de cinq femmes. Il y en a d’autres évidemment, et ces femmes là, ce sont toutes battues pour casser cette injustice et pouvoir accéder à l’atelier d’architecture, du métal, du bois et à faire des choses exceptionnelles

 

Pour découvrir l’univers de Camille Fosse, sa nouvelle collection de foulards et langes bio pour bébés, rendez-vous sur son e-shop et sur sa page Instagram @shandor_collection

Références liées à l’épisode :

Camille porte une paire de boucles d’oreilles Bijoux de Lu et une pince à cheveux de la collection capsule Shandor x Bijoux de Lu.

Pour cet entretien, nous nous sommes retrouvées avec Camille chez MONA by My Little Paris, un espace de coworking éphémère ouvert jusqu’au 30 décembre. Entrée libre sur présentation d’une invitation (inscription sur le site). Si vous souhaitez y flâner, lire un ouvrage de la bibliothèque féministe de « La Poudre Lit » ou déguster un café bien entouré : c’est le moment ou jamais !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *