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Nice To Hear You 05 / Le féminisme avec Julien Hay, photographe indépendant

Le féminisme au masculin, avec Julien Hay

Voilà, on y est. Dans ce cinquième épisode on parle d’un sujet brûlant qui fait prendre feu à mes conversations toutes les semaines. On va parler de féminisme, de nos féminismes de tous les jours, de nos actions et incompréhensions. Certains diront que c’est « à la mode », d’autres vont rouler des yeux à s’en froisser le globe mais j’avais envie de ça aussi pour Nice To Hear You. Aborder des sujets moins léger, à ma manière. Échanger sur cette thématique avec Julien était évident pour moi. Parce qu’en plus d’être un photographe inspirant, c’est un militant du quotidien avec qui j’ai pu dès notre première rencontre aborder le sujet.  Qui a dit que parler menstruations au premier café était inconcevable? Ça me fout de la dynamite dans le coeur ce genre de rencontre et j’espère que cet épisode nourrira vos pensées, vos soupirs et vos souvenirs. Très bonne écoute !

 

 

Une recherche permanente de réponses

Julien Hay : Je pense que je suis quelqu’un qui se pose encore beaucoup de questions pour essayer de vivre ensemble correctement. Et donc, qui a beaucoup de combats à mener. Combats non violents, évidemment. Le combat va être intellectuel, comportemental, politique et dans la consommation également. C’est en se posant des questions tous les jours, qu’on arrive à déverrouiller des problèmes.

 

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L’égalité, un combat évident

Je suis un enfant adopté, arrivé à l’âge de 2 ans et demi en Normandie, dans le sud de la Manche. Donc ce n’est pas Paris, en terme de diversité, on est sur quelque chose d’assez différent (rires). J’ai très bien vécu à Avranches, mais c’est vrai qu’on me faisait ressentir une différence. Physique notamment. Car c’était la seule différence que j’avais vis-à-vis des autres enfants, que moi je ne ressentais pas, car j’étais un enfant comme tout le monde, normand avant tout. Mes parents m’ont très bien expliqué, avec pédagogie, que bien que j’étais physiquement un peu différent, ce n’était pas important. Le combat pour l’égalité, j’y étais confronté assez tôt.

Une prise de conscience

C’est quelque chose de diffus. À un moment donné ça te paraît évident. Il n’y a pas de déclic. Mais quand on réfléchit quelques instants, on se rend bien compte qu’il y a des problèmes à faire avancer dans la société. Il n’y a pas d’éléments déclencheurs parce que c’est des choses auxquelles tu es confronté tous les jours. Et c’est ça qui est dramatique finalement.

« Le féminisme est une notion protéiforme. Il y a plusieurs façons de l’aborder et de le connaître. »

 

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Un féminisme du quotidien

Je vais être très sensible à tous les comportements quotidiens. Quand je vois les mecs faire du « manspreading », ça me rend fou. Et pourtant, je pense que j’ai dût le faire à un moment aussi. Ce n’est pas un comportement tolérable. Ce n’est pas parce qu’on le fait naturellement et que les autres le font que c’est bien.

Pour les règles, contre les diktakts

Par rapport aux menstruations, j’aime provoquer dans mes conversations. J’ai découvert il y a quelques temps sur les réseaux sociaux la coupe menstruelle. J’ai grandi avec une sœur, donc oui je savais ce que c’était, mais ça reste mystérieux pour un garçon. Même chez les garçons qui sont à l’aise avec le corps des femmes et qui sont à l’aise avec les notions d’égalité, il y a encore peut être quelque chose qui dégoûte, qui dérange. C’est bien de parler des menstruations.

 

 

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Étape par étape

J’ai compris récemment qu’on ne pouvait pas tout changer d’un coup. Faut se casser les dents sur les problèmes du quotidien et l’expérimenter soi-même. Je sais que ce problème là doit avancer étape par étape. Il est difficile aujourd’hui de rendre une égalité totale entre les femmes et les hommes. Il faut voir les différentes facettes du problème sur lesquelles on peut appuyer. Je pense que parler des règles, c’est pas anodin. Faire comprendre aux jeunes garçons et même aux adultes, qu’on peut en parler, qu’on peut-être même s’intéresser techniquement à ce que c’est. Ça peut être un vecteur d’égalité entre les hommes et les femmes.

 

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La société miroir de nos injonctions

C’est ça le problème de la société, elle fait voir ce qu’elle veut bien voir. Et c’est grave d’arriver en 2017 et d’être encore comme ça. Parfois c’est pire, parce qu’on a pas conscience de voir les choses d’un point de vue qui n’est peut être pas le meilleur.

« Dire « non » c’est un acte militant. J’ai appris à dire « non », parce que je savais pas dire « non » quand j’étais petit. C’est très constructif. Parce que souvent tu sais pourquoi tu dis « non » mais tu ne sais pas pourquoi tu dis « oui ». »

 

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Catégoriser ses actions

Je crois qu’on a essayé de catégoriser, donc de mettre des barrières et des frontières, et c’est peut être pas comme ça que ça fonctionne. C’est peut être plus analogique, plus continu, et qu’il n’y a pas de barrières mais des seuils de tolérance qui seraient basés sur une valeur continue. Ce seuil là va varier dans notre vie, en fonction du moment, de notre niveau de fatigue, notre niveau d’attention sur les problèmes.

 

Pour découvrir l’univers de Julien Hay, rendez-vous sur son portfolio et sur sa page Instagram @julien_hay

Références liées à l’épisode :

Simone Veil

Gisèle Halimi

Django Reihnardt

 

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