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INTERVIEW / Café Pinson

From yummy to youpi : une adresse belle, bonne, bio et vegan à Paris

On vous l’avait dit, septembre annonçait son lot de petits changements avec pour commencer une nouvelle catégorie « Histoires » qui s’annonce forte en belles rencontres. On ouvre le bal du blabla avec la découverte ou la RE-découverte d’une chouette adresse parisienne : le Café Pinson. Au travers de cette première histoire, nous allons parler de cuisine et plus particulièrement d’une cuisine belle, bonne et éthique. Et pour parler de ce sujet je ne pouvais pas penser à quelqu’un d’autre qu’Agathe.

Agathe est une entrepreneuse aux multiples casquettes. Auteure de deux livres aux éditions Hachette et Hachette cuisine «Super Jus» en 2015 et «Arrêtez de vous faire du mal, faites-vous du bien !»  en 2017, elle est aussi gérante de deux adresses « Café Pinson » situés dans le 3e et le 10arrondissement. En plus de tous ces chouettes projets, Agathe est également à l’initiative d’un webzine un peu particulier, intitulé «La minute papillon» sur lequel sont épluchées les actualités nutrition et bien-être les plus inspirantes avec l’envie de balayer les idées reçues et culpabilisantes attachées à ces sujets.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerais connaître la vision que vous, vous avez de vous. En fait, vous êtes quel genre d’humain sur la planète ?

Bonne question ! Je ne sais pas trop par quel bout je pourrais commencer… ça va peut être paraître un petit peu particulier mais en fait pour moi on est tous un, donc on forme un tout. Il y a une forme d’unité. Nous ne sommes pas tous des individus les uns prêts des autres qui vivons les uns à côté des autres. Je pense que nous sommes un et que nous avons une coloration qui nous différencie les uns les autres.

Il y a 10 ans vous commencez à vous intéresser à des pratiques comme la naturopathie, les médecines chinoises et ayurvédiques, est-ce que vous pouvez nous parler de votre déclic ?

C’est venu effectivement de façon assez fluide, assez évidente. Le vrai moteur était de mettre en action des choses qui sont importantes pour moi, qui sont cohérentes avec mes convictions et mes engagements, essentiellement sur des sujets liés à l’environnement. Pour moi c’était vraiment le point de départ : être en cohérence et avoir de l’impact. Finalement, prendre soin de l’écologie globale c’est aussi passer par l’écologie personnelle, prendre soin de soi de façon naturelle, douce, non invasive, non violente, non chimique.

En 2013, vous ouvrez la première adresse «Café Pinson». Est-ce que, comme toutes les pratiques qualifiées de «non-conventionnelles» qui bouleversent votre quotidien 10 ans plus tôt, ouvrir une adresse bio, belle, bonne et vegan c’était ouvrir une adresse non conventionnelle à Paris ?

Je ne l’ai pas pensé comme ça parce que pour moi c’est du bon sens, donc ça ne doit pas/plus, être marginal et exceptionnel. Ça doit devenir une forme de norme. Mais avant que ce soit ça, on en passera par un certain nombre d’étapes. Et pour moi la première étape était de faire les choses de cette manière là, au sein d’un système, au sein d’un secteur, au sein d’un business et donc de jouer avec les règles du système en apportant quelque chose d’un peu différent.

La gastronomie française est très sacralisée et fait partie intégrante de l’identité de beaucoup de français. Comment on se fait une place entre toutes ces traditions gustatives ?

Pour le coup j’avais vraiment envie de pousser cette place là et de façon plus globale, pas seulement pour Pinson, redonner ses lettres de noblesses à la cuisine végétale. Pour cela c’est tout simple, je pense qu’il faut une démarche qui est vraiment authentique, sincère, personnelle et cohérente parce que les gens le sentent, c’est fou ! C’est ça qui est assez impressionnant. Quand on voit que c’est fait avec le cœur, avec une vraie volonté et pas seulement celle de faire de l’argent je pense que ça se sent vraiment et que la place se créée d’elle même.

Avec «La minute papillon» j’ai l’impression que votre volonté était de joindre l’utile à l’agréable avec une pincée de pédagogie. Est-ce que le pari est relevé ?

Je voulais vraiment cette logique de vulgarisation avec un ton sympa. Finalement c’est un peu ma récréation. J’ai très souvent des retours où on me dit que c’est super, que c’est utile, que c’est efficace. Ces retours viennent valider ce que j’ai pu proposer. Souvent on me dit «j’ai essayé telle recette», «j’ai trouvé que c’était une super idée, je vais mettre ça en place». Et ça c’est plutôt cool.

Aujourd’hui l’alimentation responsable est dans toutes les bouches et s’invite de plus en plus dans nos assiettes. Ce phénomène qu’une partie des consommateurs qualifient de «phénomène d’actualité» n’est-il pas un retour en arrière, un retour à une alimentation «normale» ?

Pour moi c’est clairement ça. C’est ni plus ni moins revenir à des pratiques qu’on a complètement oubliées du fait de la période industrielle après la guerre. On mangeait bio parce que il n’y avait pas le choix, il n’y avait pas de chimie, on mangeait local, de saison, de façon équilibrée, sans trop de protéines animales, parce que c’était rare et donc, pour moi, c’est un vrai retour en arrière. C’est juste une pratique de bon sens.


Pouvez-vous nous parler du profil des gourmands qui passent la porte de vos adresses ?

On a beaucoup de profils différents parce que j’ai voulu une carte qui change, qui est faite maison, qui est colorée et où on retrouve une forme de générosité dans les textures. Il y a à la fois des adeptes, des personnes super engagées mais aussi des personnes qui aiment tout simplement le lieu, qui aiment le fait que la carte soit sympa. Il y a beaucoup d’étrangers aussi et en terme d’âges il y a vraiment de tout : des familles avec enfants, des tous petits enfants, des personnes âgées… et c’est ça qui est chouette !

Pour vous, manger bien se conjugue avec quoi ?

Pour moi, à titre perso, c’est une démarche très globale qui reprend le principe de naturopathie holistique donc c’est vraiment inscrit dans une globalité. C’est vraiment dans cette logique de prendre soin de soi à toutes les dimensions de son être y compris au niveau spirituel. C’est une voie que j’ai investie depuis quelques années et qui est devenue aussi importante que le reste : le physique, prendre soin de son corps, le psychologique, l’émotionnel, l’intellectuel, la gestion du stress avec toutes les techniques de relaxation et de massages. Toutes ces pratiques s’inscrivent dans une démarche de prévention aussi. Ça permet vraiment de prendre soin de soi maintenant, mais aussi pour après parce qu’on ne le voit. Et puis la dimension de plaisir est vraiment essentielle. Mais il faut beaucoup d’arbitrage. Je fais souvent des arbitrages, le soir si j’ai envie de prendre du vin, je prends du vin et ça m’arrive quand même très régulièrement (rire). C’est vraiment une histoire d’équilibre. J’aime vraiment l’idée d’être en équilibre.

Se réconcilier avec nos estomacs et se ré-approprier un certain bien-être intérieur en laissant les injonctions sur le bord de l’assiette n’est-il pas le challenge de toutes les nouvelles générations ?

Avec « La minute papillon » j’ai voulu créer quelque chose que je n’avais pas connu il y a quatorze ans quand j’ai commencé à manger différemment. Il y a avait tellement d’injonctions dans tous les sens que je voulais avoir un endroit avec de l’information fiable, sérieuse et en même temps sur un ton sympa. Pour chaque sujet je me retrouvais face à 10 réponses différentes et ça c’était super compliqué.

Si le «Café Pinson» était dans le dictionnaire ce serait quoi sa définition ?

Un lieu chaleureux, convivial, simple et proposant une cuisine alliant sain et gourmand. Au Café Pinson il y a toute une dimension sensorielle avec les canapés, les banquettes, les odeurs, les couleurs. Je suis très sensible aux ambiances sonores et visuelles.

Les prochaines dates ou infos à noter dans nos agendas ?

Les ateliers reprennent en septembre, gros renouvellement de carte et la sortie du livre.

 

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