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INTERVIEW / Aÿ Cactus

Aÿ Cactus, le pouvoir des plantes à la française

Si vous venez d’atterrir sur la planète d’érable, la rubrique « Histoires » c’est des interviews et un tout nouveau podcast intitulé « Nice To Hear You ». L’intérêt du bidule ? Partager avec vous, sans chichi mais avec beaucoup de chantilly, des entretiens inspirants avec des artistes, entrepreneurs•neuses, créateurs•trices et autres humain•es sympas. 

Fan de la première heure, j’achetais il y a 2 ans mon premier cactus « Dancing Queen ». Et depuis, mon engouement et admiration pour le parcours de ce duo d’entrepreneuses, à l’énergie aussi luxuriante que l’amour qu’elles portent à leurs produits, n’a jamais cessé de croître. On s’est donc donné rendez-vous dans leur boutique au 6 rue de Dame de Nazareth (Paris) pour échanger, nos paroles pataugeant dans un bassin de lumière, autour de leur concept. Dès les premières secondes, des éclats de rire rebondissent sur les cactus et je regrette de n’être pas partie avec mon micro sous l’aisselle. C’est ça aussi la magie des rencontres. Personne ne sait vraiment la distance que des mots peuvent vous faire parcourir. Coralie et Clémentine m’ont transporté, et j’espère que leur bienveillance, leur joie de vivre vous donneront vous aussi envie de prendre le chemin de « la cactus therapy ».

 

Vous êtes quels genres d’humaines sur la planète ?

Coralie : J’ai envie de dire « vivant ». Dans le sens où on aime la vie profondément. On ne se pose peut être pas assez de questions, mais je crois qu’on fonce et quand on aime les choses, on les fait à 100%, ce qui est la cas avec AŸ CACTUS mais aussi en général dans nos vies.

Clémentine : C’est identifier les moments de kiff et les vivre pour de bon. C’est réellement se rendre compte que t’es en train de vivre un truc et en profiter. Peu importe que ce soit manger une pizza ou rentrer un nouveau client qui nous faisait rêver.

 

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Le cactus, la véritable star des jungles urbaines depuis quelques années avec ses 1 800 variétés différentes dans le monde : comment vous avez sélectionné les plantes qui piqueront le coeur de vos acheteurs ?

Clémentine : Ça nous a demandé par mal de temps parce qu’au début on essayait d’avoir un maximum de variétés possibles pour que les gens puissent choisir LE cactus qui leur plaisent, qui s’intégrera parfaitement chez eux. Sauf qu’on s’est rendu compte que d’un point de vue pratique, il y a des plantes qui sont beaucoup plus fragiles que d’autres et, qu’à Paris on a un climat avec lequel il peut faire 35 degrés en été et -10 en hiver. Donc au fur et à mesure, on a recentré notre sélection sur des variétés extrêmement robustes, qui puissent tenir à la fois en boutique, puisque nos produits sont présents chez de nombreux revendeurs qui ont des spots lumineux et des chauffages, qui n’ont pas non plus forcément la main verte. Il fallait donc des variétés qui s’auto-entretiennent et qui puissent résister aussi chez l’habitant dans n’importe quel appartement ou maison. Parce que la dernière problématique est celle de la luminosité. À Paris, il y a beaucoup de logement sur cours sans lumière.

Coralie : C’était un travail d’affinement. Aujourd’hui on a 8 plantes différentes en fonction des saisons, avec des plantes grasses et des cactus.

Avec le reconditionnement des boîtes de conserve et les messages personnalisés, chaque produit est unique. Est-ce que c’était important pour vous que chaque personne puisse trouver LE cactus qui lui corresponde ?

Clémentine : C’est exactement l’idée qui a forgée la création de la marque. C’est à dire que chaque personne peut personnaliser son produit jusqu’au bout. Sélectionner sa plante, sélectionner son design, choisir son message. Nous avons plusieurs collections et chaque collection à un univers différent, pour essayer de plaire à tous les goûts tout en gardant notre univers à nous.

 

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Parce qu’éthique et esthétique ne sont pas forcément contraire, comment on redonne ses épines de noblesse au made in France ?

Clémentine : C’est très compliqué car c’est un très gros enjeu. C’était important pour nous d’abord d’un point de vue logistique. Étant donné que c’est un produit artisanal et que c’est une plante, travailler en local limite les transports, la manipulation. On ne peut pas infliger à une plante de faire des allers-retours. Et puis, c’est tellement agréable d’avoir des interlocuteurs passionnés, qu’on connaît, qu’on a choisi.

Coralie : Cette envie est au fondement de la marque puisque tous les produits viennent de France, sont fabriqués en France, à Paris. On voulait quelque chose de très local pour valoriser l’artisanat. Nous n’étions pas en harmonie avec le fait de produire quelque chose qui ne soit pas dans notre pays. On a regardé s’il existait des producteurs étrangers avec lesquels on pourrait travailler mais on ne sait pas poser la question une seule seconde. C’était une volonté solide de notre part de valoriser le Made in France.

Aujourd’hui on compte pas moins de 26k abonnés sur votre page Instagram : comment on transmet le virus du cactus à toute une communauté ?

Coralie : C’est une vraie question parce que c’est un peu inédit. C’est un produit qui n’existait pas. Il a fallu tout créer. Dès le début on a communiqué sur Instagram, de manière totalement intuitive parce qu’on l’utilisait dans nos vies personnelles et professionnelles avant le lancement de la marque. On s’est tout de suite dit que c’était le medium le plus pertinent avec Pinterest. On a une marque très visuelle tant au niveau des motifs que du végétal. Au lancement, on s’est amusé à les mettre en situation, à les placer chez nous et très naturellement les clients ont tout de suite pris à leur tour des photos de leurs achats. Nous avons dès le départ valorisé les photos de notre clientèle en les repostant sur notre compte. Ce qu’on dit de manière assez fréquente c’est que 90% des personnes qui viennent dans la boutique, ou connaissent la marque, l’ont découvert sur Instagram. Ce réseau social nous permet de créer du lien. On reçoit tous les jours des messages privés de nos followers pour nous montrer leurs cactus, des photos de la pousse, de la décoration à laquelle ils les ont intégré. C’est génial !

Clémentine : On voit pas mal de photos de jungle urbaine avec des focus sur des grosses parties de la plante, mais c’est vrai que d’un point de vue d’intégration dans un univers, chez soi, dans son salon, posé sur un bureau, le format des cactus de base ne s’intègre pas forcément sur ces visuels là et c’était compliqué de produire du contenu au départ. C’est un produit végétal mais pour nos clients c’est avant tout un objet décoratif.

 

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Quel est l’argument ou le détail ultime qui pique la curiosité de vos acheteurs ?

Clémentine : La personnalisation. Sur notre site internet quasi 100% des commandes sont des commandes personnalisées. L’avantage majeur des cactus c’est que ce n’est pas un cadeau éphémère. Si on entretient correctement son cactus on peut le garder toute une vie.

Coralie : Les gens aiment faire des clins d’œil à leurs proches, pour un anniversaire, une crémaillère ou tout autre événement. C’est un cadeau original qui ne passe pas inaperçu.

Deux ans après le lancement de votre marque, un pop-up store et un shop plus tard, comment on-repousse les limites chaque jour dans ce milieu si épineux de l’entreprenariat ?

Clémentine : La boutique a été un réel coup de tête. On a pris des bureaux il y a un an et demi car au début de l’aventure nous travaillions de chez nous. En mai dernier, on commençait à se poser la question d’avoir un espace à nous, qui puisse à la fois servir de lieux de vente et d’atelier. Au départ ce n’était pas dans l’optique de faire plus de chiffre d’affaire mais plutôt d’avoir un espace indépendant dans lequel on pourrait évoluer pleinement. On a commencé à visiter des biens et au bout d’un mois et demi on a signé. On avait déjà fait 4 pop-up store et faire des montages et des démontages c’était fatiguant. Les gens finissaient par nous identifier dans un lieu et au bout d’un mois nous partions.

Coralie : On fait très attention, mais on travaille énormément à l’instinct. On élabore beaucoup de collaborations qui se mettent en place de manière récurrente et si a un moment, soit Clémentine, soit moi, avons un mauvais sentiment, on stoppe tout de suite. À chaque fois qu’on a été à contrecœur ou qu’on s’est forcé à essayer parce qu’on trouvait ça important, y’a toujours eu un couac. On travaille beaucoup à l’intuition et je pense c’est une partie importante dans l’entreprenariat.

Parmi les produits de vos collections, quel est celui qui vous définirait le mieux ?

Clémentine : J’ai l’impression que plus on avance, plus les collections nous ressemblent. Après c’est peut-être aussi parce que nous on a besoin de changement (rires). Quand on regarde un produit sorti il y a 6 mois, on se dit qu’on l’a assez vu. C’est pour cette raison qu’on essaye de changer régulièrement nos collections et d’en sortir souvent deux en même temps, soit 8 motifs d’un coup. Le motif qui correspond le plus à l’univers de la marque c’est « Bisous ». On l’a lancé en exclusivité dans la boutique quand on a ouvert et on s’est rendu compte que les gens achetaient beaucoup ce motif. Il est rapidement devenu un best-seller et est désormais disponible sur l’e-shop.

Coralie : On se fait de plus en plus plaisir. On aime les univers très colorés, inspirés de Matisse. Nous sommes niçoises et on a une grande appétence pour le travail de ce peintre. Y’a du collage, des textures, de la couleur.

 

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Dans vos musées personnels du cactus et de la plante grasse, on y retrouve quoi ?

Clémentine : Pour ma part, on n’y trouve bizarrement pas beaucoup de cactus et de plantes grasses. Je me fais plus plaisir sur d’autres tailles et d’autres typologies de plantes : du ficus, du bananier, des plantes tropicales, de l’alocasia.

Coralie : Pour moi c’est de la plante descendante et du cactus zizag, que j’aime tout particulièrement. C’est un cactus descendant très fun avec des formes de feuilles vraiment originales.

En parlant de jungle urbaine et autre folie « cactuesque », avez vous des cactus goals à nous partager (compte instagram, tableau pinterest, adresse découverte) ?

Clémentine : Sur Instagram principalement avec @haarkon_, le number one du cactus, @wildernisamsterdam ou encore @plantsinfocus.

Coralie : Urban Jungle Bloggers, @carlaypage, @justinablakeney qui fait des photos incroyables avec des plantes hyper luxuriantes avec du vert partout.

 

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Dans vos boîtes à outils, quels sont vos indispensables pour prendre soin de nos amis les plantes ?

Clémentine et Coralie : Un vaporisateur !

Coralie : Et quelques pshiit suffisent ! Pour nos produits en tout cas. Un peu de lumière aussi, si c’est possible.

Clémentine : Pour les tailles supérieures c’est la même chose. On vaporise très souvent les feuilles, associé à un arrosage plus espacé. De l’engrais au printemps, comme pour toutes les plantes. Et aussi des gants ! Si vous souhaitez manipuler certains cactus avec des épines.

Si Aÿ Cactus avait sa définition dans le dictionnaire, laquelle serait-elle ?

Coralie : Petite plante piquante …

Clémentine : … pop, personnalisable et made in France…

Coralie : … à poser chez soi ou sur son bureau!

Les prochaines dates ou infos à noter dans nos agendas ?

Coralie : Les deux nouvelles collections « Playground » et « Rome Antique » à retrouver sur internet ou en boutique. Vous pourrez prochainement nous retrouver aux Galeries Lafayette, BHV et Printemps avec des exclus pour chaque enseigne.

Clémentine : Lancement de nouveautés aussi, on travaille sur de nouveaux produits pour élargir la gamme avec des sacs, une gamme de papeterie et des bougies.

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