Histoires
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INTERVIEW / Atelier St Eustache

L’Atelier St Eustache, le cool en toute transparence

Si vous venez d’atterrir sur la planète d’érable, la rubrique « Histoires » c’est des interviews et un tout nouveau podcast intitulé « Nice To Hear You ». L’intérêt du bidule ? Partager avec vous, sans chichi mais avec beaucoup de chantilly, des entretiens inspirants avec des artistes, entrepreneurs•neuses, créateurs•trices et autres humains sympas. 

Découverte au détour d’un couloir à l’Atelier Meraki et soutenu lors de sa campagne de crowdfounding, Violette fait partir de ces créatrices qui me soufflent de l’énergie dans les poumons dès le premier contact de nos rétines. Résolument pétillante et incroyablement chill, l’Atelier St Eustache est la preuve vivante que les « socks don’t suck ». Il faut dire que je suis une convaincue pratiquante très assidue. Depuis plusieurs années, j’aime me pavaner l’orteil décontracte dans mes chaussettes à paillettes et bottines peep toe. Toute l’année. Même par zéro degré. Raboule ta maille, montre moi ce que tes pompes ont dans la semelle. Gloire aux chaussettes qui tabassent le béton à coup d’originalité. Je pense me traîner un léger trauma d’une paire de chaussettes à doigts de pieds depuis la 6e. Sans transition : à vos chaussettes, chouette, lisez !

Bonjour Violette ! Pour débuter on aimerait savoir qui se cache derrière cette gang de chaussettes si chouettes. T’es quel genre d’humain sur la planète ? 

Violette : Je suis quelqu’un qui aime rêver et qui aime entreprendre. J’ai été éduquée avec l’idée de « rêves ta vie, vies tes rêves ». Ma mère avait brodé cette phrase sur ma housse de couette. J’ai toujours voyagé. Quand j’étais petite, mes parents étaient obligés de mettre des barrières autour de la maison car je voulais déjà explorer le monde. Ma mère me suivait juste pour savoir jusqu’où je pouvais aller parce que contrairement aux enfants qui marchent 100 mètres et font demi-tour, moi, je partais vraiment !

Est-ce que tu as un souvenir précis de ta vision des chaussettes quand tu étais enfant ? 

Violette : On a retrouvé, il y a un an, une vidéo de mon grand-père, qui m’avait filmé en train de mettre des chaussettes avec des petites dentelles sur les côtés. Je les mettais d’une manière si « jolie ».  Ce petit accessoire était destiné à avoir une place importante pour moi !

 

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De Tokyo à Paris en passant par l’Italie, tes chaussettes ont une histoire chargée de cultures et d’inspirations différentes. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton processus créatif ?

Violette : J’ai fait ma dernière année d’études d’architecture à Tokyo. C’est là où j’ai découvert ce type de chaussettes transparentes. C’est ça qui m’a donné envie de lancer une marque de chaussettes car, à mon retour en France, je voyais qu’il n’existait pas ce type de produit et que cela manquait. Quand j’ai dessiné ma première collection, j’ai voulu raconter mon histoire à travers mes chaussettes. Ainsi, parler de Tokyo était la manière la plus évidente car cela retranscrivait à la fois ma formation d’architecte et ça expliquait mes inspirations japonaises, le point de départ de l’existence de ces chaussettes. 

Y aura-t-il d’autres inspirations de ville où tu as vécu, comme Paris, dans tes prochaines collections ?  

Violette : C’est une question que je me pose à l’heure actuelle. Car même si j’ai vécu dans plusieurs villes dont Paris, Tokyo, Londres et Shanghai, je ne suis pas certaine d’avoir envie de faire une collection par ville… Affaire à suivre (rires) !

 

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La chaussette est un accessoire avec une histoire forte. En France, c’était à son commencement un accessoire exclusivement masculin qu’on portait par-dessus les bas. Était-ce une volonté de ta part d’inverser l’histoire et de proposer une première collection uniquement féminine ?

Violette : Effectivement dans l’Histoire, la chaussette était un accessoire masculin et exclusivement porté par les riches. C’était un accessoire luxueux jusqu’à la mécanisation de la fabrication. Si j’ai fait une collection uniquement féminine ce n’était pas par rapport à l’Histoire mais parce que je trouvais que les femmes étaient négligées en matière de chaussettes. Il y n’a d’ailleurs qu’un seul domaine dans la mode où les femmes sont négligées et c’est celui-ci. Je voulais remédier à cela. Et en soit, même si effectivement, mes collections sont pour femmes, si des hommes veulent les porter, c’est tout à fait possible.

Les techniques de fabrication utilisées pour façonner tes produits sont issues d’un savoir-faire traditionnel qui se lient à des techniques modernes pointues. Est-ce que c’était important pour toi de proposer des articles résolument différents tout en conservant un savoir-faire artisanal ?

Violette : Je pense qu’on ne peut pas réellement parler de savoir-faire traditionnel mais plutôt de connaissances techniques. Le processus de fabrication de la chaussette est un processus très pointu et très complexe. Il y a effectivement un travail à la main obligatoire, que ce soit auprès de la machine pour assurer une présence technique que pour les finitions de la chaussette en bout de chaîne. Mais les techniques de fabrication ont énormément évoluées depuis les premiers métiers à diminueuses. Je suis très admirative du travail réalisé chez mon partenaire italien.

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Sur unefillederable.com on n’aime pas laisser nos lecteurs tomber comme de veilles chaussettes, alors pour les irréductibles insensibles de la chausse ou les frileux de l’orteil peux-tu nous livrer le mode d’emploi de la chaussette St Eustache : pour qui, pour quoi, quand, comment ?

Violette : Pour les femmes et pour les amoureux de l’Art car mes chaussettes sont un peu comme un bijou de pieds. Pour ceux qui ont le souci du détail. Pour tous les jours. Certains modèles sont plus « festifs » donc ça peut-être pour des occasions spéciales aussi. Plus pour le printemps, l’automne et l’hiver, les chaussettes St Eustache sont parfaites pour la mi-saison. Elles se portent avec tout mais l’idée de ces chaussettes c’est de les montrer. J’ai voulu être sobre et respecter le style français qui n’aime pas le multicolore. On trouve ce type de chaussettes joli, on trouve cela rigolo mais on va les cacher, on portera des chaussettes multicolores à la maison mais c’est tout. J’ai voulu faire une collection à mon image et à celles de la majorité des françaises. On a envie d’en être fières. S’habiller n’importe comment un jour, mettre une petite paire de chaussettes et se sentir tout de suite habillé ! Personnellement, j’aime les porter avec un pantalon retroussé, des derbies ou des mocassins. Mais une jupe midi de la marque « By moka » c’est aussi trop beau !

Quand on a le moral dans les chaussettes, c’est quoi ton remède perso pour remonter la pente quand on lance sa marque  ? 

Violette : Le soutien moral des proches c’est très important. Il faut aller voir les gens qui croient en toi dans les moments difficiles. C’est essentiel d’avoir un environnement solide et des gens sur qui s’appuyer quand on se lance dans une aventure comme celle-ci. À l’Atelier Meraki, là où se situe mon atelier, on est tous dans la même « galère », on se soutient. C’est d’ailleurs ici que j’ai rencontré une des personnes les plus positives que je connaisse : Johanna, créatrice de la marque Saison d’Eden ! C’est une véritable oreille attentive au quotidien.

 

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Depuis quelques temps une tendance quelque peu insolite s’empare du web, des cours d’école, de la rue et des magazines : le retour des chaussettes-claquettes. En tant que professionnelle du secteur, quel est ton avis sur ce phénomène qui déchaîne les foules ?

Violette : Ce que j’adore avec la mode d’aujourd’hui c’est qu’on peut faire n’importe quoi et que ça passe. Je ne trouve pas cela forcement beau mais ce que j’aime bien dans ce mouvement c’est la recherche de confort. C’est révélateur d’une période et c’est ce que je trouve intéressant dans ce phénomène. Je n’ai pas essayé cette tendance mais je pense le faire pour une de mes story Instagram un de ces jours !

 

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Les prochaines dates ou infos à noter dans nos agendas ?

Violette : Les 25-26 novembre, je serais à la Boutique Éphémère, Galerie Joseph, 7 rue Froissart à Paris puis au marché de Noël à l’Atelier Meraki, 14-16 rue Neuve Popincourt – 75011 Paris. Et pour finir, de nouveaux modèles sont en cours de fabrication. Vous pourrez les retrouver prochainement sur l’e-shop.

Pour cet entretien, nous nous sommes retrouvées avec Violette et ma cops’ Caroline à l’Anti Café République. Un espace collaboratif où il fait bon vivre pour chiller, travailler, discuter, échanger, se rencontrer. Car à l’Anti Café, on paye seulement le temps passé et tout le reste est compris (boissons, wi-fi, imprimante, livres, encas…). Le bonheur non ?

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